ECOLE, MIGRATIONS, DISCRIMINATIONS (n.2)

Pour son second numéro, les cahiers de la LCD interrogent le couple « Ecole et migrations » au prisme du concept de la discrimination. Ce numéro est coordonné par Maïtena Armagnague-Roucher et Jean François Bruneaud.

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SOMMAIRE DU N.2

INTRODUCTION

Populations minorisées et justice scolaire : quelques enjeux pour les populations migrantes. (M. Armagnague-Roucher, J.F. Bruneaud)

DOSSIER

La « rencontre des cultures »vue par les élèves du second cycle secondaire en France : « souvenirs communs » et/ou « communes espérances » ? (H. Aït-Mehdi)

Les difficultés institutionnelles pour scolariser les élèves allophones arrivants. (C. Mendonça-Dias)

L’inclusion des élèves allophones, vers une école non discriminante ? (V. Lanier)

Effets de contexte et stigmatisation des élèves issus de l’immigration : le cas des lycées professionnels en région parisienne et en province. (C. Schiff, J. Perroton)

Les risques discriminatoires d’un usage strict de la laïcitédans le cadre scolair.e (V. Orange)

VARIA

La vulnérabilité économique : un nouveau critère de discrimination qui intègre la précarité sociale. (T. Vallat)

RECENSIONS

Pietro Basso, (2016), Le racisme européen : critique de la rationalité institutionnelle de l’oppression. (Y. Lopez)

Caroline Moser, (2015), Gender, Asset Accumulation and Just Cities: Pathways to transformation. (E. Hofmann, C. Vouhé)

Aline Prevert, (2014), La lutte contre les discriminations. Genèse et usages d’une politique publique. (N. Keyhani)

Claudette Plumey et Christine Delory-Momberger, (2016), La Trace, dits et récits d’une hermaphrodite, travailleuse du sexe. (N. Ollier)

François Durpaire et Béatrice Mabilon-Bonfils, (2016), Fatima moins bien notée que Marianne. (C.Riban)

 

ENTRETIEN AVEC LES DIRECTEURS DU NUMERO :

Pourquoi avoir choisi l’école comme théâtre révélateur des discriminations ? L’école française est souvent présentée comme un sanctuaire à l’abri des écueils de la société. Pourtant elle est au cœur d’un certain nombre de phénomènes sociaux inégalitaires et discriminatoires qu’elle importe de l’extérieur, mais qu’elle génère aussi elle-même.

Qu’est-ce qui caractérise l’expérience des acteurs, élèves et enseignant.e.s, face aux migrations avec lesquelles l’école doit composer ? Plus que le problème de la migration, qui reste lié au champ de l’intégration, la question des discriminations ethniques et religieuses reste tabou au sein de l’école française qui, notamment au nom d’une conception rigide de la laïcité et de l’altérité en général rejette toute approche inclusive des élèves français porteurs de différences.

Et du point du vue de l’institution : comment cela est-il accompagné ? L’accompagnement de l’institution scolaire en termes de discriminations ethnico-raciales et religieuses est quasi-inexistant dans la mesure où ces phénomènes ne sont guère reconnus, certainement par crainte d’une remise en cause du modèle français d’intégration et d’un schéma pédagogique qui favorise scolairement les mieux dotés qui reconnait plutôt le citoyen universel abstrait que les différences individuelles et/ou collective en la matière, ce qui demanderait une pédagogie plus active.